Selon une étude menée par la société de données automobiles carVertical, les véhicules ayant subi des dommages sont ceux qui présentent le plus souvent un kilométrage falsifié, et inversement.
L’étude met donc en évidence un lien clair entre les dommages et la fraude au compteur. En France, 3,9% des véhicules endommagés présentent un compteur trafiqué, contre 1,9% des véhicules sans historique de dommages. Cette corrélation s’explique notamment par les pratiques de certains vendeurs peu scrupuleux. Après avoir réparé un véhicule accidenté, ils réduisent artificiellement son kilométrage afin de masquer son usure réelle, renforcer son attractivité et justifier un prix de vente plus élevé.
La fraude au compteur demeure ainsi l’une des techniques les plus courantes pour augmenter artificiellement la valeur d’un véhicule sur le marché de l’occasion.
L’analyse des données sous un autre angle confirme la même tendance : les véhicules dont le compteur a été manipulé sont plus susceptibles d’avoir subi des dommages par le passé. En d’autres termes, fraude au compteur et dommages dissimulés vont souvent de pair.
.
En France, 55,6% des voitures présentant un compteur trafiqué possédaient également un historique de dommages, contre 37,9% des véhicules au kilométrage authentique, soit un écart de 17,7 points.
Pour les acheteurs, le risque est double : un faible kilométrage et un historique apparemment irréprochable augmentent fortement l’attractivité d’un véhicule, mais peuvent masquer à la fois une fraude au compteur et des dommages passés. Avant tout achat, il est donc essentiel de vérifier l’historique complet du véhicule, au-delà de son apparence ou du kilométrage affiché.
Les distributeurs de véhicules d’occasion doivent également rester vigilants. Pour Thibault Berly, responsable véhicules d’occasion chez BYmyCAR, certains éléments constituent des signaux d’alerte majeurs lors de l’évaluation de la valeur d’un véhicule : « la fraude au kilométrage est pour nous un critère éliminatoire immédiat. Les dommages structurels ou touchant à la sécurité ont également un impact majeur sur la valeur résiduelle du véhicule, quelle que soit la qualité des réparations effectuées. Nous portons également une attention particulière au nombre de propriétaires qu’a connus le véhicule ainsi qu’à son mode d’exploitation (particulier, flotte ou location). Un changement de propriétaire rapide peut constituer un signal d’alerte et justifie des vérifications complémentaires. »
.



