D’après l’étude de Leocare, la contradiction apparente cache une vérité plus profonde : cette dépendance n’est pas d’ordre affectif, mais vitale.
63% jugent la voiture indispensable, et 54% déclarent ne pas pouvoir s’en passer au quotidien. Pour 48%, la voiture reste le mode de transport le plus vital ; et pour 36%, il n’existe tout simplement aucune alternative crédible. Impossible d’y renoncer pour aller travailler, faire ses courses, chercher ses enfants ou se rendre à un rendez-vous médical.
Ce paradoxe d’une voiture à la fois jugée financièrement inaccessible et ressentie comme essentielle au quotidien ne relève pas d’un simple déséquilibre économique. Il révèle une fragilité systémique : celle d’un pays qui repose sur la mobilité… sans en garantir l’accès.
Loin d’un désintérêt volontaire, l’étude révèle que les Français renoncent par nécessité. 50% d’entre eux ont déjà renoncé à acheter ou à remplacer un véhicule faute de moyens. Ce chiffre témoigne d’une tension budgétaire forte, dans un contexte où l’automobile reste perçue comme indispensable à la vie quotidienne.
Parmi les dépenses les plus lourdes : l’entretien et la réparation (36%), le carburant (25%), l’achat et le financement (24%), l’assurance (11%), le stationnement et le péage (3%).
Ainsi, un objet autrefois symbole de liberté et de réussite sociale est devenu un facteur d’endettement contraint pour des millions de foyers.
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Un véhicule n’est pas simplement cher à l’achat. 62% des répondants indiquent que leur auto représente entre 5 et 20% de leurs dépenses mensuelles, une part qui a augmenté au fil des années pour 61% d’entre eux. Le revenu médian français étant d’environ 2.000 euros, une voiture engloutit donc près d’un à trois mois de salaire chaque année.
Les coûts sont même aujourd’hui tels que 1 conducteur sur 5 (20%) a déjà dû contracter un crédit pour faire face à une réparation. La voiture n’est donc plus seulement un investissement ponctuel. C’est une ligne de dépense pesante, fixe, étirée dans le temps.
Dans ce contexte, l’assurance apparaît comme le seul poste ajustable. 33% des assurés ont déjà réduit leurs garanties, 9% ont renoncé à leur couverture, 16 % y songent. Ce renoncement n’est plus marginal : c’est un marqueur de précarité. Il s’accompagne d’un décalage entre prix perçu et prix payé.
48% jugent qu’une assurance raisonnable se situe entre 41 et 60 €/mois. Or, 30% paient plus de 60 €, dont 10% plus de 80 €. Le renoncement à l’assurance prend les traits d’un phénomène social émergent, à l’image de ce qui s’est produit sur la santé ou l’énergie : on s’exclut d’un droit que l’on ne peut tout simplement plus payer.
« Ce désalignement entre la norme perçue et la réalité vécue n’a rien d’anodin. Il traduit une tension croissante entre ce que les assurés considèrent comme juste… et ce qui est nécessaire pour leur couverture chaque mois. C’est la définition même d’un choc de défiance. Y répondre, c’est remettre l’assuré au centre du contrat, restaurer l’équité perçue dans la relation et proposer des offres ajustées, au bon prix. C’est le défi de l’assurance pour la prochaine décennie pour conserver l’équilibre entre protection et budget » a précisé Christophe Dandois, cofondateur de Leocare.
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Loin d’un choix de confort, le recours à la voiture individuelle est souvent une absence de choix. Si 44% des sondés évoquent les transports en commun et 27% des mobilités douces comme le vélo ou la trottinette, 36% déclarent n’avoir aucune alternative crédible à disposition.
L’étude révèle une tension qui ne cesse de monter : celle d’un accès à la voiture qui ne disparaît pas, mais qui s’efface peu à peu derrière des barrières économiques. 60% des Français ne s’imaginent pas vivre sans véhicule personnel d’ici cinq ans.
Ce sentiment est renforcé par une défiance croissante envers les politiques publiques. Un tiers des sondés (32%) les jugent trop centrées sur l’électrique (et donc financièrement inaccessible), et 30% estiment qu’elles ne prennent pas suffisamment en compte les réalités de pouvoir d’achat. Derrière ces chiffres, un constat s’impose : l’automobile ne sera pas moins utile demain, elle sera simplement moins accessible.
« Le filtre, aujourd’hui, ce n’est plus seulement le prix. C’est le basculement d’un droit d’usage universel vers un accès sous conditions. Restaurer la confiance, c’est repenser ce contrat implicite : remettre chacun en capacité d’avoir des alternatives, d’accéder, de se déplacer, de se protéger. Ces chiffres ne disent pas qu’il est trop tard. Ils disent qu’il est temps de se (re)mobiliser » conclut le cofondateur de Leocare.



