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Gilbert Payet, préfet

« Nous devons ensemble réduire fortement le nombre des accidents sur la route… »

A l’occasion du lancement de ce site d’information, dédié à la démarche #EntreprisesEngagées64, nous avions posé 6 questions à M. Gilbert Payet, préfet des Pyrénées-Atlantiques. Retour…

 


Quelle est votre analyse de la mauvaise tendance constatée ces dernières années au niveau de l’accidentologie routière ?

Gilbert Payet – Malgré une forte baisse du nombre d’accidents depuis une vingtaine d’années, un relâchement des comportements des usagers de la route est constaté depuis environ cinq ans au niveau national. La vitesse moyenne est de nouveau en augmentation alors que, parallèlement, le nombre de tués, d’accidents et de blessés stagne. Dans les Pyrénées-Atlantiques comme ailleurs, les accidents mortels sont d’abord dus aux comportements à risques des usagers : vitesse excessive, conduite sous empire d’un état alcoolique, conduite après usage de stupéfiants.

Nous comptabilisons 35 tués depuis le 1er janvier 2017.  Après une période estivale favorable en termes de sécurité routière (aucun tué), une forte reprise est enregistrée depuis, avec 5 tués en septembre, puis 4 en octobre 2017 et 5 en novembre 2017. C’est pourquoi j’ai souhaité dès mon arrivée dans le département donner la priorité à la sécurité routière et réaffirmer la volonté de l’Etat de voir le nombre de morts sur nos routes baisser significativement.


La répression va t-elle être amplifiée dans les prochains mois ? De nouvelles mesures vont-elles être prises?

G. P. – Dans ce contexte d’insécurité routière, en liaison avec les procureurs de la République, j’ai demandé aux forces de l’ordre d’accentuer leur action. Les contrôles au bord des routes, ainsi que les sanctions administratives à l’encontre des conducteurs en infraction et notamment des récidivistes, vont être considérablement renforcés.

Ainsi, par délégation préfectorale, les forces de l’ordre peuvent procéder à titre provisoire et pour une durée maximale de 7 jours en application de l’article L. 325 1-2 du code de la route, à l’immobilisation et à la mise en fourrière d’un véhicule pour conduite malgré une suspension ou une annulation judiciaire du permis de conduire, dépassement de la vitesse maximale autorisée de 50 km/h ou plus, récidive de conduite sous l’empire d’un état alcoolique, récidive de conduite après usage de stupéfiants, homicide ou blessures involontaires aggravés et récidive de conduite d’un véhicule non équipé d’un dispositif anti-démarrage par éthylotest électronique.

Ce dispositif, trop peu utilisé par les forces de l’ordre, sera renforcé.

Les mesures de suspension administrative du permis de conduire seront également renforcées conformément à l’article L. 224-7 du code de la route qui donne la possibilité de suspendre un permis de conduire pour un nombre très large d’infractions.

Enfin, le déploiement des radars embarqués, désormais privatisés après une phase d’expérimentation en Normandie, sera généralisé à l’ensemble du territoire national au début de l’année 2018. Il permettra plus de contrôles sur des itinéraires que je définirai.


Parallèlement, ne faut-il pas intensifier les actions de prévention pour favoriser une meilleure prise de conscience?

G. P. – La prévention et l’éducation sont essentielles pour faire évoluer les comportements et responsabiliser chaque usager de la route. Partant du principe que la plupart des accidents se produisent en semaine, dans les créneaux horaires correspondant aux trajets domicile-travail des personnes actives, le ministère de l’Intérieur souhaite désormais réorienter sa politique de prévention vers les entreprises pour une meilleure sensibilisation. 40% des accidents du travail sont des accidents de la route.

C’est un coût énorme pour l’assurance maladie, c’est un drame pour les familles mais également un frein pour notre développement.


Vous avez décidé de développer une opération pilote dans le département avec les entreprises pour renforcer la prévention du risque routier, notamment au niveau du trajet domicile-travail. Plusieurs d’entre elles se sont déjà engagées. Pouvez-vous nous en dire plus?

G. P . – 12 entreprises et organismes du département (le Groupe Daniel SAS, 2DTV, Idelis, APR, Euralis, Lindt, Vinci, Total, l’Adapei, la Maif prévention, la CCI Pau Béarn et le Medef Béarn et Soule) ont signé avec l’Etat un engagement pour la sécurité routière le 30 juin dernier.

Cet engagement est décliné en 7 mesures concrètes :
1 – Limiter au cas d’urgence les conversations téléphoniques au volant,
2 – Prescrire la sobriété sur la route,
3 – Exiger le port de la ceinture de sécurité,
4 – Ne pas accepter le dépassement des vitesses maximales autorisées,
5 – Intégrer des moments de repos dans le calcul des temps de trajet,
6 – Favoriser la formation à la sécurité routière,
7 – Encourager les conducteurs de deux-roues à mieux s’équiper.

Il faut saluer l’engagement de ces premières entreprises et l’exemplarité de la démarche. Il ne s’agit néanmoins que d’un début, d’autres entreprises vont nous rejoindre et ensemble formeront, débattront et communiqueront sur la sécurité de leurs salariés. Toutes les entreprises, y compris les PME et les TPE, doivent pleinement s’engager dans cette démarche, directement ou par leur réseau consulaire. Je les invite à nous rejoindre.


Les associations et les collectivités territoriales sont-elles aussi concernées par cette démarche? Comment pensez-vous les mobiliser?

G. P. – Cette initiative ne saurait se limiter aux seules entreprises. Tous les secteurs d’activité dont le fonctionnement dépend des déplacements routiers seront pleinement associés à ce projet : c’est le cas des collectivités territoriales et des associations du département.

Le site internet « entreprises engagées », créé par un collectif d’associations locales de sécurité routière, a vocation à constituer un outil pour les structures souhaitant y souscrire, sur la base de témoignages décrivant des modalités concrètes de mise en oeuvre au sein de différents types d’établissements.


Quel est l’enjeu de cette initiative? Etes-vous confiant dans son efficacité? Pourra t-elle être essaimée dans d’autres département?

G. P. – L’enjeu de ce projet est ambitieux, car il s’inscrit dans la durée. Il faut faire évoluer les comportements des usagers de la route sur les trajets de mission et sur les trajets domicile-travail, via une plate-forme interactive sur laquelle les employeurs pourront trouver des pistes d’actions concrètes à proposer à leurs salariés.

Cette initiative, qui reprend une charte nationale, pourrait aussi être proposée dans un cadre plus large que le plan départemental, afin que les bonnes idées de certains employeurs puissent trouver un écho favorable auprès de nombreuses entreprises. Je l’appelle de mes voeux pour que toutes les bonnes volontés se réunissent pour réduire fortement le nombre des accidents sur la route.

La sécurité routière est l’affaire de tous, il est de notre responsabilité collective de le rappeler à tous les conducteurs.

 

 

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