La voiture désossée sur une place de parking, toutes marques confondues, au coeur d’une résidence ou en pleine rue, fait désormais partie du paysage urbain.
Entre 2024 et 2025, 95.300 vols d’accessoires sur des voitures ont été recensés par les services statistiques du ministère de l’Intérieur (SSMSI). La palme de l’accessoire le plus convoité revient au bloc optique. Les phares représentent en effet un tiers de l’ensemble des pièces autos volées.
Si sur le marché de l’occasion, les pièces usuelles (phares, pare-chocs, enjoliveurs ou rétroviseurs) se vendent entre 40 et 150 €, ces prix peuvent être multipliés par 6 ou 7 pour des pièces neuves.
Dans un contexte où le parc auto a tendance à vieillir, la course aux accessoires est devenue un « sport » national. Et certains n’hésitent pas à se servir à la source. Mais ce type de fléau revêt différents traits.
Du simple voleur opportuniste jusqu’aux réseaux organisés, via des filières d’écoulement et de revente sur le marché parallèle, le visage de cette délinquance est protéiforme. Les métaux rares comme le rhodium, le palladium ou le platine utilisés en très petite quantité dans les pots catalytiques se revendent une petite fortune sur le marché noir. Ces métaux enrichissent les filières de revente vers la Belgique ou les pays de l’Est de l’Europe.
Les pièces autos peuvent également se revendre sur des sites en ligne ou des plateformes dédiées, à des prix cassés.
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En France, les garages clandestins sont aussi dans le collimateur des autorités. Ces ateliers sont soupçonnés de receler des accessoires en tout genre volés sur commande. Phares de Clio, pare-chocs Renault ou même banquettes arrière peuvent être ciblés par des malfrats sur des opérations commandées pour combler une pénurie.
Dans près de 60% des cas, les mis en cause interpellés dans ce type d’affaires ont entre 18 et 29 ans, selon le SSMSI. Selon les professionnels de la filière auto, le préjudice de cette razzia est estimé à environ 600.000 euros.
Mais le taux de résolution de ces affaires a du mal à décoller. L’absence de traces et d’indices sur les lieux de ces délits, tout comme le manque de traçabilité des pièces dérobées constituent souvent des obstacles à l’avancée des investigations malgré le travail des policiers ou gendarmes.
La rapidité avec laquelle ces pièces rejoignent les circuits de revente, sur des sites spécialisés, des ateliers clandestins ou des pays étrangers, limite les chances d’élucidation. Car bien souvent le délai entre le vol et la revente de la pièce se compte en quelques heures. De quoi compliquer la tâche des enquêteurs.
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