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Christian Vedelago, directeur de cabinet du préfet

Rencontre à l’occasion du deuxième anniversaire du lancement de ce site d’information, dédié à la démarche #EntreprisesEngagées64.

 

Quelle est la tendance actuelle de l’accidentologie routière dans le 64 ? Quel message voulez-vous donner aux automobilistes ?
Christian Vedelago – Dans les Pyrénées-Atlantiques, la tendance depuis le début de l’année 2019 est plutôt meilleure que sur le plan national et assez différente. En effet, si nous avons enregistré un peu plus d’accidents (340) à fin juin, le nombre de tués est resté le même (8) tandis que le nombre de blessés hospitalisés est en baisse (106). C’est donc plutôt satisfaisant, mais pour autant il ne faut pas se relâcher. Les causes de ces accidents sont principalement liées aux comportements individuels. Il est compliqué de prévenir ces risques sachant que les causes sont multiples et souvent difficiles à identifier. Je veux appeler les automobilistes à la vigilance et au respect des règles, notamment en ce qui concerne la vitesse, l’alcool, ou encore l’utilisation des smartphones.

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Les deux-roues sont particulièrement concernés par la sécurité sur les routes. Quelles sont les actions engagées pour essayer de réduire le nombre d’accidents ?
Ch. V. – Il s’agit toujours d’une de nos priorités inscrites au document général d’orientation pour la sécurité routière. Les conducteurs de deux-roues font partie des publics vulnérables. Un chiffre illustre cette situation : sur le plan national, 25% des tués sur les routes sont des deux-roues alors qu’ils ne représentent que 2% du trafic. En 2018, nous avons déploré 8 accidents mortels de deux-roues, dont 4 concernant des cyclistes. Pour les motos, la cause est souvent une vitesse excessive. L’équipement est essentiel. C’est ainsi que le port des gants est obligatoire depuis 2 ans. C’est important à rappeler en ce début d’été, une période pendant laquelle on peut être tenté de rouler sans les équipements de protection indispensables, comme les gants et les blousons. Actuellement, le gouvernement étudie la possibilité de rendre obligatoire l’airbag moto. Ces gilets ou blousons sont conçus pour absorber les chocs au niveau du thorax, de l’abdomen et de la colonne vertébrale. Ils peuvent s’avérer très efficace en cas de chute (glissade suite à une perte de contrôle) ou de collision avec un autre véhicule.

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Dans les centres urbains, la cohabitation entre les piétons, les deux-roues et les autres engins motorisés (dont les trottinettes électriques) pose de plus en plus de problèmes. Votre avis ?
Ch. V. – La Police nationale comme les Polices municipales sont particulièrement sensibilisées à cette problématique et nous travaillons sur la manière de mieux partager la chaussée en ville. C’est de plus en plus compliqué avec l’apparition des nouveaux engins comme les trottinettes électriques. Les vitesses sont très différentes entre les piétons, les vélos et les autres modes de locomotion motorisés. De plus, dans les zones piétonnes, souvent les uns n’entendent pas arriver les autres et la circulation peut se faire dans tous les sens. Il faut savoir qu’un choc à 50 km/h est souvent mortel, même à 30 km/h le risque de décès est supérieur à 10%. Cette cohabitation entre les usagers est devenue complexe et mérite l’attention de tous. Il convient de faire très attention au comportement des autres, notamment à celui des personnes qui portent des écouteurs et qui ne sont pas attentifs à la circulation.

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Cela rejoint aussi la problématique de ce qu’on appelle les distracteurs…
Ch. V. – Oui. L’usage du smartphone au volant ou la manipulation du GPS en conduisant augmentent très sensiblement les risques d’accident. Même s’il est difficile d’établir la responsabilité de ces pratiques dans les accidents, on mesure facilement que le fait de quitter la route des yeux est particulièrement dangereux. Il faut savoir que, d’après une étude récente, 89% des adultes reconnaissent avoir déjà conduit en utilisant leur téléphone portable. Nous avons commencé des actions de prévention avec les écoles. C’est d’autant plus important que les enfants identifient le portable comme un danger sur la route. Cela ressort clairement des affiches réalisées par les jeunes collégiens lors de l’opération « Déclic prévention » le 11 juin dernier au collège Marguerite de Navarre.

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La limitation de la vitesse à 80 km/h fait toujours débat. Quel est votre point de vue ? Qu’est-il envisagé dans le département ?
Ch. V. – Cette mesure a eu du mal à être acceptée, surtout en milieu rural. A la demande du président du Conseil départemental, nous allons mettre en place une organisation spécifique pour gérer les limitations de vitesses sur les routes. Ceci dit, nous ne partons pas d’une feuille blanche puisqu’une commission étudie régulièrement les évolutions sur les différents axes, pour adapter au mieux les vitesses. Elle associe les services du Département, la DDTM et les élus des communes concernées. Nous avons ainsi déjà identifié des routes qui méritent une révision des limitations. Nous travaillons avec la DIRA sur la RN134.

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Quelles sont vos autres priorités, en matière de sécurité routière, cette année ?
Ch. V. – Il y a d’abord la remise en service du réseau de radars. Le renouvellement des appareils a été planifié. Sans les radars, on ne peut pas endiguer le nombre d’accidents mortels. Il ne faut pas oublier qu’en 1972, 16.545 personnes se sont tuées sur les routes. En 2018, on a enregistré 3.488 morts, soit le niveau plus bas jamais atteint. La vitesse reste un facteur majeur d’accident grave d’où la nécessité de remplacer les radars dégradés. Parmi nos priorités, il y a aussi les personnes âgées qui sont identifiées comme un public vulnérable dans notre Document général d’Orientations de sécurité routière. Nous menons notamment des actions de prévention avec les intervenant départementaux de sécurité routière (IDSR) et les associations.

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L’action menée dans le département pour renforcer la prévention du risque routier dans le cadre professionnel, notamment au niveau du trajet domicile-travail, mobilise déjà de nombreuses entreprises. Comment voyez-vous la suite de cette démarche ?
Ch. V. – Les Pyrénées-Atlantiques se distinguent avec déjà 88 entreprises et plusieurs organisations professionnelles qui ont signé une charte avec le préfet par laquelle elles s’engagent pour la sécurité de leurs salariés sur les routes. Je salue le travail réalisé par nos partenaires pour inciter les entreprises à s’engager dans cette voie. Nous avons décidé de poursuivre ce dispositif qui a le mérite de sensibiliser de très nombreuses personnes au risque routier, y compris sur les trajets habituels entre le domicile et le travail. Nous sommes prêts également à accompagner directement les professionnels dans leurs actions de prévention. Cette démarche avec les entreprises a aussi le mérite de favoriser des évolutions importantes, par exemple de permettre aux employeurs de savoir si leurs collaborateurs ont un permis de conduire en règle. La procédure pour modifier le dispositif est en cours, afin que le chef d’entreprise puisse avoir un accès à la base national, limité au fait de connaître la validité du permis de conduire d’un salarié.

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Une autre nouveauté ?
Ch. V. – A la demande du Ministère, nous avons lancé une action pour promouvoir l’engagement sécurité routière dans le milieu des étudiants. L’enjeu est de trouver des jeunes correspondants qui puissent jouer le même rôle que les IDSR en menant des actions de sensibilisation auprès des autres étudiants. Les volontaires se verront remettre un guide et pourront suivre une formation d’au moins 12 heures, intégrée dans leur cursus universitaire. Nous travaillons avec l’EISTI à Pau pour tester ce dispositif dès 2020, le temps de tout mettre en place et de trouver des jeunes volontaires.

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Qu’en est-il des contrôles et de la répression ?
Ch. V. – Bien sûr, la prévention est essentielle. Mais, les contrôles restent plus que jamais indispensables pour arriver à baisser encore le nombre de tués ou de blessés graves sur les routes. Avec l’appui des forces de l’ordre, nous allons remettre en place de nombreuses opérations de contrôle : la nuit, sur les axes roulants, mais aussi à l’occasion des départs en vacances. Nous allons également procéder à des contrôles zonaux sur toute la Nouvelle-Aquitaine, voire à des opérations mixtes avec les autorités espagnoles. Parallèlement, nous souhaitons promouvoir l’éthylotest anti-démarrage. En effet, dans certains cas, le préfet peut décider de ne pas retirer le permis de conduire à un automobiliste à condition que ce dernier installe un tel dispositif dans son véhicule et qu’il suive un stage de sensibilisation. Cela évite la double peine, en permettant à la personne concernée de continuer à utiliser sa voiture et de ne pas être pénalisée au niveau de son travail. Nous sommes à la recherche de nouveaux installateurs agréés pouvant aussi proposer le matériel en location avec un paiement mensuel.

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